"Comme le Père m'a envoyé,
Moi aussi je vous envoie."
Jean 20:21
Depuis que je suis pasteur, j'entends le même refrain : "la mission, cela ne nous regarde pas." Erreur monumentale, car l'Ancien et le Nouveau Testament nous parlent d'un Dieu qui veut être "le salut de tous les peuples". (Luc 4:43)
Déjà dans l'Ancien Testament, même si la relation de Dieu à Israël est privilégiée, c'est pour que ce petit pays devienne témoin de Dieu pour tous les pays. Dieu dit à Abraham que toutes les nations seront bénies par lui. (Genèse 18: 18) Jonas est envoyé par Dieu à Ninive, terre païenne, pour les prévenir de la destruction imminente.
Le prophète Esaïe nous dresse un tableau de toutes ces nations qui vont à la maison du Seigneur pour y trouver la paix et se laisser diriger par sa lumière. "Dans la suite des temps, la montagne de la maison du Seigneur sera établie au sommet des montagnes ; elle s'élèvera au-dessus des collines, et toutes les nations y afflueront. Une multitude de peuples s'y rendra ; ils diront : Venez, montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob ! Il nous enseignera ses voies, et nous suivrons ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, de Jérusalem la parole du Seigneur. Il sera juge entre les nations, il sera l'arbitre d'une multitude de peuples. De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, de leurs lances des serpes : une nation ne lèvera plus l'épée contre une autre, et on n'apprendra plus la guerre. Maison de Jacob, venez, marchons à la lumière du Seigneur ! (Esaïe 2:2-5)
Ce souci des autres nations est déjà présent dans l'Ancien
Testament, même si des ordres de pureté ethnique sont aussi présents dans certains passages, Dieu veut que tous les hommes soient sauvés.
Mais si vous cherchez le mot "mission" dans une concordance biblique vous verrez qu'il n'apparaît pas comme tel dans les évangiles.
C'est le verbe : " Envoyer" ou l'impératif "Allez..." qui est utilisé : " Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie... (Jean 17:18). " "Allez par le monde entier et proclamez la Bonne Nouvelle à toutes les créatures... (Marc 16:15). " Envoyé, pour faire quoi ? " Allez, faites des gens de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et de l'Esprit Saint, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai commandé." (Matthieu 28:19-20).
Le risque est grand de retomber dans les erreurs du passé en prenant à la lettre l'appel de Matthieu : Il faut faire des adeptes, les baptiser et leur transmettre... Une morale ? C'est par la force de l'épée que les hommes ont été obligés de devenir chrétien, avec toutes les images négatives d'un Dieu dominateur qui nous prive de toute liberté et sans leur donner la chance de découvrir la force de vie qui se trouve dans l'Evangile. Heureusement que le Saint Esprit agit au-delà de nos manquements. Car il s'agit de proclamer la Bonne Nouvelle et la proximité du Royaume de Dieu, en paroles mais aussi en actes tout en laissant à ceux qui l'entendent la liberté de choisir ou de refuser, comme l'ont fait ceux qui vivaient du temps de Jésus. " En chemin, proclamez que le règne des cieux s'est approché. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons (Matthieu 10:7) " Et: " Il les envoya proclamer le règne de Dieu et faire des guérisons (Luc 9:2). » Jésus lui-même y voit son rôle et sa mission. Quand de sa prison, Jean-Baptiste lui fait demander s'il est bien celui que le peuple d'Israël attend depuis si longtemps ou s'il faut en attendre un autre, Jésus répond en leur demandant de regarder ce qui se passe : " Les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont guéris et les sourds entendent, les morts ressuscitent et (c'est ainsi) que la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres (Matthieu 11: 2 ...) ".
Pour ceux qui connaissent les prophéties de l'ancien Testament, la réponse est on ne peut plus claire. Dans Luc 10: 1-20, Jésus envoie 72 disciples, deux par deux pour annoncer la venue du Royaume de Dieu et de faire les signes qui l'accompagnent.
Le même nombre 72, figure dans la table des nations dans Genèse 10: 2 - 31. Autant de disciples envoyés que de nations à évangéliser ! D'où l'insistance de Jésus nous demandant de prier le Maître de la moisson de bien vouloir envoyer des ouvriers à sa moisson. En fait, tout disciple de Jésus doit accepter de se faire envoyer comme témoin, dans le monde ou juste à la porte à côté. Jésus, et les disciples l'ont bien compris, n'a jamais demandé d'annoncer seulement l'Evangile ailleurs, en Afrique, en Asie, etc. mais de le faire partout où nous vivons et là où il nous envoie. Comme vous l'avez remarquez, ce ne sont jamais des hommes seuls qui sont envoyés mais des chrétiens ensemble qui évangélisent ou agissent. Mais le seul l'unique envoyé de Dieu, c'est Jésus le Fils. C'est à sa suite que nous sommes appelés à aller vers les autres.
La première Pentecôte, le jour de la naissance de l'Eglise, nous montre l'universalité de cette dernière. Les personnes présentes à ce moment là, entendent les disciples parler de la gloire de Dieu dans leur propre langue. Toute la diversité des peuples réunis en ce jour à Jérusalem est unit par le Saint Esprit. L'Eglise dès son origine est universelle et chaque chrétien est appelé à devenir envoyé de l'Evangile.
Notre mission n'est pas différente de celle du Christ et notre message correspond au sien : "convertissez-vous, le Règne de Dieu s'est approché". Mais en proclamant que le Règne de Dieu, s'est approché, l'Eglise a toujours eu le souci d'accompagner son message de gestes, d'actions qui sont tous des signes de la miséricorde de Dieu pour chaque être humain. L'annonce de l'Evangile ne peut pas se faire sans aider les personnes à sortir
de leurs situations de crise, mais donner du pain à ceux qui ont faim sans leur donner une raison de vivre, ne va pas non plus. La Bonne Nouvelle de Jésus Christ s'adresse à tout l'homme, corps et âme.
Betty Schaeffer
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