Vivre l'Église...
Il y a quelques dizaines d'années, « l'église était le point fixe, l'endroit où se concentrait la vie de la communauté. On s'y réunissait pour prier mais aussi pour discuter des affaires communes. La religion était au coeur de l'existence quotidienne. Les cloches rythmaient le temps. Les fêtes religieuses réglaient les cycles de la vie des individus et du groupe. » Danièle Hervieu-Léger, Le pèlerin et le converti, Champs Flammarion.
Aujourd'hui l'Eglise avec un grand E, l'ekklesia, la communauté dont nous sommes tous membres se vit bien souvent ailleurs que dans le bâtiment église. Elle se vit dans la rue, dans la rencontre des personnes. « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux », dit le Christ dans l'Evangile de Matthieu (10, 18). Et c'est ainsi que j'ai appris à Gundershoffen-Griesbach à prier Dieu dans la nature. Pour les scouts, cela semblait une évidence : ils vivaient dehors et c'est là aussi qu'ils vivaient leurs rencontres avec Dieu. Ces moments m'ont beaucoup marqué : prier Dieu dans la nature donne l'impression d'être plus proche de l'axe du monde, donne l'impression de mieux comprendre Dieu et sa création. Dans une ville, on a besoin du lieu église pour trouver du calme. A la campagne par contre, le calme existe encore et vivre Dieu, louer Dieu dans ce cadre-là donne une impression plus vraie de notre foi. Quand on vit un culte dans le pré, toutes les décorations sont absentes : il a fallu choisir l'essentiel. Quel est-il cet essentiel ? On a alors l'impression d'être à la source du protestantisme : la parole seule, la foi seule, la grâce seule.

La ferveur de ces jeunes et de ces adultes me surprend à chacune de mes interventions : le cadre n'est pas celui d'une église, mais l'attention, la présence, l'intérêt sont à leur summum.
(suite dans les pages paroissiales de Gundershoffen-Griesbach....)
Pasteure Véronique Spindler